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  • DE LA VALLEE DE LA NUBRA A L'INDUS 3 août 2010
    Pays : LADAKH - INDE, Type: Randonnée et découverte, Date : 05/09/10, Durée : 18 jours, Niveau : facile […]
  • YUNNAN, AU SUD DES NUAGES 3 août 2010
    Pays : TIBET - CHINE, Type: Découverte avec assistance véhicule, Date : 17/12/10, Durée : 17 jours, Niveau : facile […]
  • AU PAYS DES SURMAS 3 août 2010
    Pays : ETHIOPIE, Type: Randonnée et découverte, Date : 19/09/10, Durée : 15 jours, Niveau : modéré […]
  • BALCONS ET SOMMETS DE L'ANDRIGITRA 3 août 2010
    Pays : MADAGASCAR, Type: Randonnée avec porteurs, Date : 07/11/10, Durée : 15 jours, Niveau : modéré […]

Tibesti, retour d'expédition Emi Koussi

Le trou au natron

Le trou au natron

Le chèche orange de Senoussi, l’air pur de la haute montagne, la caldeira à 380 °c et la blancheur du trou au Natron, ça y est on y est, tout le groupe de sahariens passionnés est au sommet de l’Emikoussi, point culminant du Sahara et du Tchad (3 415 m sur la carte d’état major, 3 455 sur nos GPS et autres altimètres).

De l’émotion dans le groupe, cela fait 14 ans que ce sommet n’a pas vu de blancs, et au total seulement une grosse centaine de personnes ont foulés les laves basaltiques rougeâtres et le sable métamorphique crème du sommet.

Entre le champagne du sommet et notre arrivée à Ndjamena, une petite quinzaine de jours rythmés par les cahots des 4×4, jusqu’à Faya Largeau, ville mythique de la colonisation française (dont le préfet Jean Chapelle a produit en 1958 l’ouvrage de référence sur le Tibesti et ses farouches habitants : les Toubous.)  puis par la traversée des Tassili gréseux envahi par les sables, puis par le rythme très lent des chameaux qui travaillent comme les mulets dans nos Alpes en épingle dans les sentiers caillouteux. Ce long parcours initiatique  nous a permis de rêver, voire de fantasmer ce sommet.

 Mais la réalité est encore plus forte au bord du trou à Natron : la voilà cette tâche blanche vue sur Google Earth, 300 m plus bas par un chemin terriblement escarpé qu’il va falloir remonter. On foule la carapace de carbonate, vieux reste de l’activité volcanique. On gratte cette croute comme le font encore quelques fois par an les Toubous. Le sel (dit « Natron ») a des vertus désinfectantes pour leurs chameaux.

Bordure occidentale de l'Ennedi

Bordure occidentale de l'Ennedi

Je prends en pleine tête ce sentiment d’origine du monde, de minéralité absolue, de luminosité intense…mais il faut rentrer, revenir comme toujours.

Une descente prudente sur la face sud du volcan, véritable coupe géologique à livre ouvert, nous amène aux sources chaudes de Hiera. Premier bain depuis 20 jours, une toilette très appréciée aussi par nos chameliers qui savonnent leurs habits avec leur kalachnikov négligemment posées à côté. Puis, on retrouve les 4×4.

Gouro, magnifique cité ocre construite en brique naturelle argileuse, ancien bordj (« fort » en français), puis Ounianga et ses lacs verts et rouges, avec leur eau saumâtre. Mais quelle vision après dix jours de cailloux, blocs de lave, dykes basaltiques, une impression de retour à la vie.

Un détour par Bichargara, magnifiques pitons gréseux, refuge des mouflons de l’Ennedi, puis Kaleit, le marché et les grillades de moutons, la piste, les bivouacs, les gazelles qui détalent devant nous, les premières cases qui remplacent les huttes Toubous, la savane africaine grignote petit à petit le désert sahélien.

Ndjamena, la première bière avec les amis du voyage.

Voilà, 14 ans après, le rêve est de retour pour quelques privilégiés et pour moi.

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Equipe et compagnons de voyage :

Récit de Pierre BRIGLIA-Hommes et Montagnes, accompagné de Chan, Anne-Marie, Gisèle, Karine, Patrick, Pierre-Marie, Jean-René, Thomas, Laurent (2), Dominique, Bernard, Juan Carlos, avec le support logistique de Rocco Rava, El Hadj Senoussi, et les terribles chameliers Toubous, dont « Truffe noire », qui faisait exactement ce qu’il voulait et nous a parfois fait le geste de nous menacer de son couteau de coude, suivi par « Chauve souris », toujours prêt de sa Kalachnikov, les chauffeurs nigériens et tchadiens Issaka le « sensible », Mahmat le « super-mécanicien » , Togoi de Kaleit dit « le beau gosse » (toujours élégant, lunette et chèche assorti), l’impressionnant cuisinier tchadien Maka, 1.90 m au garrot.

 En tout cas, ils avaient tous beaucoup plus froid que nous (surtout Maka) dans la Caldeira !!!


Afficher Tchad – Tibesti et Emi Koussi sur une carte plus grande

Mauritanie, Terre si forte et pourtant si fragile

Séjour d’été en Adrar mauritanien – Juillet 2008

Récit de Sylvain PHILIP

Belle Tanouchert

Tanouchert est toujours cette très belle palmeraie de l’Est de l’Adrar At T’mar, mangée par les sables de l’erg Warane. En cette fête des dattes, elle est très occupée, la tradition reste très vivante et j’ai l’impression de la redécouvrir comme je l’ai découverte il y a 16 ans. Rien n’a vraiment changé, rien n’a évolué, elle vit comme durant ces siècles passés. Immuable.

Mauritanie_Juin2008 065Des myriades d’enfants courent en tous sens, autour de femmes jeunes ou plus âgées dans une ambiance de quiétude, hors du temps.

Ici, pas de  télévision, pas d’électricité, le téléphone portable ne passe pas non plus, la vie de la palmeraie est rythmée par la révolution du soleil dans l’espace.

Méridien, Lagueila : 48°C à l’ombre

Au méridien, l’astre du jour darde et écrase la lumière, les gens et les animaux. Il fait plus de 48°C à l’ombre, l’oasis est engourdie, patiemment elle s’allonge en attendant le soir.

Puis le vent thermique, à son tour, se lève – l’Irifi. Il soulève dans son souffle brûlant un sable blond envahissant. Normalement, il tombe lorsque l’activité solaire s’estompe mais ce soir il joue les prolongations, soufflant en rafale obligeant les gens et les bêtes à courber le regard, à s’abriter sans pouvoir bénéficier du relatif apaisement du soleil enfin couché.

La nuit est bien installée lorsque les chamelles suitées rentrent du pâturage pour la traite. Labatt, gardien du troupeau, vient me saluer en baissant son regard, une vieille dette de l’un envers l’autre. Seule sa déférence me rappelle ce souvenir.

Le repas est frugal : du lait de chamelle, des dattes fraiches – taggalat – suivi d’un  peu de viande de chèvre puis un couscous maure à la graine brune.

Tiédeur nocturne

A une heure avancée de la nuit, un ensemble d’hommes, de femmes et d’enfants de la palmeraie trimballe leurs nattes près de la makhmeul d’Atfeil perchée sur une bosse de sable. Ils se couchent là, tous ensemble. Ils papotent doucement, rient puis le silence recouvre tout ce monde. Dans les zones sableuses, les températures tombent vite, il fait presque frais. Je cherche machinalement une couverture, un drap mais je suis venu sans rien … juste un sarouel et une chemise comme un mauritanien.

Autour de moi, tout le monde dort enroulé dans le boubou pour les hommes et le mehlafa pour les femmes.

Cinq heures du mat

Atfeil - Avril 1994 | Sylvain PHILIPA cinq heures du matin, le jour est levé et tout le monde est déjà reparti à ses occupations quotidiennes. Les jours sont longs au mois de juin.

Atfeil, tout en étant afféré à ces occupations, ne me lâche pas du regard. Demander « Comment ça va ? » fait partie du rituel et la réponse aussi. Il ne me parlera jamais d’un problème quelconque, ni même de me dire que les choses ne sont pas faciles en ce moment.

Je le lis sur son visage, l’anxiété lui a creusé le visage. J’ai appris avec le temps à déchiffrer ses préoccupations. Nous avons vécu tant de choses ensemble, nous avons arpenté la Mauritanie en tous sens, partagé l’évolution de son campement, échangé des nuits entières.

Avoir vécu la maladie de son fils Slama, les diverses opérations et après une rémission de quelques années, sa mort sur la table d’opération. Nous avions fait le maximum.

Ces événements, ces partages, ces aventures ont tissé des liens extrêmement forts entre nous. Ces rapports humains me sont précieux …

Et si II0I0 ...

Toute l’équipe Hommes et Montagnes vous adresse …
Un message de paix et d’optimisme pour l’année nouvelle II0I0.

Les séquences ont été tournées d’0uest en Est: au Groenland, au Spitzberg, en Algérie et au Kirghizstan entre avril et novembre 2009.

Images et montages : ©Damien Parisse~Hommes et Montagnes 2010

SPITZBERG - Raid à ski sur la côte Est

La vidéo du raid côte Est sur YouTube

Consulter les départs de ce voyage

Le premier pas

Le premier pas sur la terre gelée du Spitzberg, et déjà un choc sensoriel. Sonore. La neige crisse sous mes pas, elle grince et gémit. Le son vole dans l’air pur, y étincelle. La lumière est douce à minuit, c’est toute une gamme de jaune-orangé et de magenta. L’air est immobile pur et saisissant, quelque chose comme -15°C. L’instant est irréel, c’est mon premier instant sur cette île polaire, j’aperçois des falaises, des glaciers, la banquise et des baraquements aux couleurs vives. Mais l’heure n’est pas à la promenade, nous avons une expédition à préparer.

Préparatifs

La quantité de matériel est impressionnante. La qualité également, pas de place au hasard. D’abord, contrôler le matériel de glisse: ski; bâtons et pulkas. Y ajouter les brancards, les harnais, des pièces de rechanges et de secours …. tout doit être parfaitement opérationnel et réparable. Vient ensuite les équipements individuels. Contrôle de la qualité des vêtements et sous-vêtements, outils et accessoires qui deviendront vite essentiels. Et enfin, distribution et explication du fonctionnement des EPI, qui concernent ici la gestion de la rencontre avec l’ours polaire. Selon un principe de « riposte graduée » chacun porte autour du cou un petit lance-fusée charge d’un gros pétard. Objectif: avertir le groupe et effrayer le plantigrade. Puis plusieurs -gros- pistolets d’alarmes sont répartis dans les pulkas. Enfin, une carabine de fort calibre est toujours à portée de main du chef d’expédition. Tout est en règle, on en profiterait bien pour boire une bière polaire, mais un gros engin gronde déjà sous nos fenêtres.

Continue reading SPITZBERG – Raid à ski sur la côte Est

Déserts - texte en prose par Jacky Roy

Bordure_Sable

J’aime emprunter à Christian Bobin sa définition de « la part manquante » qu’il désigne comme « la recherche en silence de cet amour qui manque à tout amour » pour évoquer le désert qui est l’une de mes passions depuis une dizaine d’années.
Quel est-il ce désert ?
pourquoi nous séduit-il ?
est-ce donc cette « part manquante » que nous allons y chercher ?

BoutonLe désert cristallise les énergies, les sentiments, les émotions ; il est un espace ambiguë qui, parce qu’il absorbe le temps, transforme le voyageur ; il est l’endroit où, pour moi, l’absence de superflu laisse entrevoir l’essentiel ; plus précisément, il est le champ idéal d’expérimentation de tout travail de réflexion car il est un lieu de transition entre expériences intellectuelles et temporelles.

BoutonIl est aussi l’endroit où, hors des sentiers fleuris, est née notre civilisation ; peut-être qu’ici où tout a commencé, atteint-on  des vérités invisibles dans les flots tumultueux de notre monde agité ?

Le désert est mystérieux. Le Clézio estime que ce mystère du désert « ne réside pas dans sa nature visible, mais plutôt dans sa magie, dans cet absolu irréductible qui échappe à l’entendement humain ».

Mystère et magie ; retour aux sources des religions polythéistes orientales ; le mage, le prêtre Perse, accède aux cérémonies réservées aux initiés ; il n’y a pas antinomie des propositions. Continue reading Déserts – texte en prose par Jacky Roy

Le Tassili du Hoggar

Constitués de plusieurs massifs bien individualisés, les Tassili du Hoggar (Tassili n’Ahaggar) s’étirent sur environ 250 km et plongent au sud-ouest sous les sables de l’oued Tagrera. La barrière orientale est relativement compacte, tranchée d’oueds puissants venant du massif de l’Atakor ; beaucoup plus fragmentée à l’ouest, elle est inexorablement envahie par le sable. Ce panaché de sable et de roche invite à la découverte, et chaque détour réserve une nouvelle esthétique.

Les Tassili du Hoggar offrent des paysages d’une rare beauté où la sensualité des dunes se mêle à la rudesse des roches tourmentées.Ils font partie de ces lieux où l’aridité est extrême, nomades et chameaux ont déserté la zone dans les années 70. La logistique de ce voyage est assurée par des véhicules.

TASSILI DU HOGGAR EN IMAGE :

Images, impressions et sensations d’un voyage décalé au Tassili du Hoggar en Novembre 2009

… quelques pas au paradis…

QUELQUES PAS AU PARADIS ???

Voire … et pourtant c’est l’expression qui virevolte dans mon esprit à l’heure où j’achève le montage de ce petit clip. Paradis ? Le terme est un brin ronfleur non ? Mais je me souviens de cette petite phrase prononcée un matin frais: « Ici c’est le paradis. J’ai mal aux pieds, je ne me suis pas lavée depuis … euh … mais ici c’est mon paradis ». La beauté outrancière et l’onirisme des lieux nous ont mené au Tassili du Hoggar. L’éloignement de toute forme de vie, l’isolement, le dépouillement et la simplicité de notre mode de vie nomade ont fait la magie de ce voyage, hors du temps, hors des sentiers battus. C’était en novembre 2009, merci à Dominik et à ses amis pour leur figuration sur le film. Quand à moi, j’y retourne en janvier 2010, pour une nouvelle expédition de trois semaines en autonomie. Vous en-êtes ?

Damien Parisse

MAGIE INSOUPCONNEE Des TASSILI N'IMMIDIR ET TASSILI AHNET

Les Tassili forment une ceinture de grès autour du Hoggar, dressant au-dessus des plaines leurs falaises hautes et déchiquetées. Les Tassili n’Immidir et Tassili Ahnet (au nord-ouest du Hoggar), contrairement au Tassili n’Ajjer (à l’est) et au Tassili n’Ahaggar (au sud), est resté complètement dans l’oubli.
En effet, l’Immidir fut pour la première fois traversé par les colonnes Cottenest et Guillo-Lohan en 1902, lesquelles empruntèrent la vallée de l’oued Ahorar. Puis, en 1943, une mission sans doute archéologique se contenta de contourner une partie du massif et le géologue Follot lui consacra une longue étude. Mais ce n’est qu’en 1983 que des visiteurs étrangers au pays (Jean-Louis Bernezat, Jacques Debetz et Pat Pagliani) pénétrèrent au cœur du massif et découvrirent des paysages d’une grande beauté.
Depuis cette époque, Hommes et Montagnes est resté le pionner des découvertes de ce massif.

Ahnet et Immidir

Ces tassilis forment le quart nord et nord-ouest de la ceinture de grès autour du Hoggar. Ils constituent entre Tamanrasset et In Salah une puissante barrière de grès entaillée de canyons et de gorges dont les plus célèbres sont celle d’Arak. L’Immidir est une citadelle massive que l’on traverse difficilement, alors que l’Ahnet est composé d’une multitude de petits plateaux plus ou moins compacts, plus ou moins ensablés. Contrairement à son voisin l’Immidir, l’Ahnet n’a pas d’oasis, de culture ou de guelta importante ; il est plus minéral, plus sec. L’Immidir recèle une quantité incroyante de gueltas majestueuses ; la flore y est exceptionnelle, et certains insectes sont totalement inconnus des massifs voisins. Certains sont originaires des régions équatoriales !

Mouflons et gazelles trouvent dans ce massif un refuge tranquille, où la nourriture abonde

Les paysages, les peintures rupestres et l’ambiance de ces massifs valent largement d’autres tassili plus connus, plus parcourus. Loin des foules, le plaisir de la découverte, le silence sont au rendez-vous.

Afficher LA CARTE /  Tassili n’Immidir et Ahnet

Géomorphologie

« En somme, un pays [Immidir et Ahnet] d’architecture tabulaire où le contrecoup de la surrection de l’Atlas s’est fait sentir énergiquement ; les failles, les diaclases, les plis posthumes tertiaires, ont suivi les directions qui leur étaient imposées par celles des plis et des failles primaires… A la traversée des plateaux, les oueds sont extrêmement pittoresques, ils se sont taillés des canyons étroits, aux murailles perpendiculaires de grès nus, parfois très élevées. Ces gorges sauvages ne sont pas seulement superbe matière à photographies, elles ont pour les Touareg quelque intérêt alimentaire ; la preuve en est que, en certains points privilégiés, on y observe des groupements de gravures rupestres, trace la plus durable d’anciennes fréquentations… Symétrie entre ce qu’on pourrait appeler les deux organismes jumeaux ; le Mouidir et l’Ahnet représentent chacun une cuvette d’effondrement distincte semi-circulaire ; ou si on veut une cuvette synclinale fermée au sud. Dans les deux pays toutes les pentes des hammadas convergent, en section d’entonnoir, vers un centre qui est marqué par la présence des dépôts quaternaires et des dunes.

Les ergs Enfous et Tessegafi correspondent exactement aux ergs Tegant et Iris… entre les deux régions la seule différence est de niveau, mais elle est considérable. » (E. F. Gauthier, “Sahara”, 1908).

La flore

Les mots écrits en italique sont en tamacheq. Nous précisons lorsqu’il s’agit de mots arabes (ar.).

Le Sahara Central possède une flore loin d’être négligeable. Il suffit de regarder autour de soi durant les voyages pour en être convaincu.

Arbres et arbustes, souvent épineux, peuvent résister à la sécheresse durant plusieurs années.

Des plantes éphémères nombreuses poussent pratiquement partout dans le fond des oueds, sur les plateaux où demeure un peu de terre, entre les dunes des ergs et sur leurs pentes dès que des pluies de quelque importance et mieux, répétitives, s’abattent sur le pays. Ces plantes sont le pâturage le plus important chez les sahariens qui l’appellent akasa ou acheb (ar.).

Les arbres rencontrés le plus souvent sont des acacias de différentes espèces : l’Acacia raddiana ou abser et talha (ar.), l’Acacia erhenbergiana ou tamat et l’Acacia albida ou ahates.

Dans les oueds de montagne, on rencontre aussi deux tamaris (tabarakat et azawa), un épineux, la taboraq ou en arabe atil (Maerua crassifolia), la telokat qui est un ficus, la tabakat, qui est un jujubier (Ziziphus lotus). Partout pousse le Pommier de Sodome (Calotropis procera) ou torha.

Des plantes et des buissons sont particulièrement adaptés au manque d’humidité. Ils assurent la survie des animaux domestiques et sauvages durant les longues périodes de sécheresse. On peut citer, aimant particulièrement le sable, l’arassou (Caligonum comosum), la touloult (Aristida pungens, drinn ou sbot suivant les régions en arabe), la célèbre tahara ou had (ar.) des nomades arabes (Cornulaca monocantha), l’aginast (Moltkia ciliata) aux petites fleurs bleues.

Sur les plateaux, dans les oueds et en montagne, poussent : la tassa (Anabasis articulata) qui brûle même humide, l’aramas (Atriplex halimus) et l’issin (Salsola foetida) qui apportent du sel aux animaux, tout comme d’ailleurs le tamaris, l’afazou (Panicum turgidum. Mrokba, ar.) aux cruelles épines, l’ana ou anag (Leptadenia pyrotechnica).

Les plantes éphémères qui apparaissent avec les pluies sont, pour les plus habituelles : la tanetfert (Pulicaria crispa) laquelle donne un goût amer à la viande et au lait des animaux qui la broutent, la tahana (Heliotropium ondulatum), l’alouat (Schouwia purpurea), la taïnast (Echium humile), l’alka (Trichodesma agricanum) à l’aspect de bourrache, l’egzei-fuk (Lupinus tassilicus) aux magnifiques fleurs bleues, etc…

La faune

Les mots écrits en italique sont en tamacheq. Nous précisons lorsqu’il s’agit de mots arabes (ar.). Très chassés, les grands animaux tendent à disparaître. C’est le cas de la gazelle et du mouflon, ce dernier résistant mieux car il peut se cacher dans la montagne.

Les carnassiers sont toujours présents : chacal (ebegi), renard famélique, fennec, chat sauvage (Felix sylvestris).

Quant aux rongeurs, ils restent nombreux. On peut noter les gerboises et les gerbilles, les mériones, les goundis, diverses espèces de rats et de souris.

La famille des procanidés est représentée par de petites colonies de damans de rocher qui, comme leur nom l’indique, vivent dans les rochers, non loin des oueds où ils peuvent trouver leur nourriture, en particulier, les feuilles de l’acacia.

La famille des lagomorphes est, elle, représentée par le lièvre du Cap.

Les lézards sont nombreux. On peut noter plusieurs variétés d’agames appelés el rechaba, des geckos, ou amatartar et tamekwart, le fouette-queue ou Uromastix qui est l’agezeram des Touareg ou le dob des Arabes, le varan du désert, arata, qui est le plus grand des lézards du Sahara. Les lézards les plus fréquents sont de plus petite taille et appartiennent pour la plupart à la famille des Acanthodactyles.

Les serpents sont surtout représentés par deux espèces dangereuses :

La vipère des sables (Cerastes vipera) qui, comme son nom l’indique, vit dans les régions sablonneuses, en particulier dans les ergs.

La vipère à cornes (Cerastes cerastes) qui préfère les oueds caillouteux.

Ces deux espèces chassent la nuit et entrent en hibernation durant la période froide.

Les couleuvres se rencontrent assez souvent. L’espèce la plus fréquente est le Serpent des Sables (Psammophis shokari).

En tamacheq, la vipère se nomme tachelt (ar. lefaâ), et la couleuvre achel.

Les scorpions apparaissent eux aussi avec les chaleurs.

Les oiseaux qui se remarquent fréquemment sont les corbeaux toujours à l’affût des restes de nourriture laissés aux bivouacs, le traquet à tête blanche, ce fameux moula-moula des Touareg . Il y a aussi la Buse féroce, le faucon (tamida), le hibou (bouhan). La nuit, on peut entendre la chouette (tawik).

Les voyages proposés :

LES JOYAUX DE TI’M ESKIS (9 jours)

RANDONNEE CHAMELIERE DANS ERGS ET TASSILI DE L’AHNET (15 jours)

RANDONNEE EN IMMIDIR OCCIDENTAL (12 jours)

MAGIE INSOUPCONNEE DU TASSILI N’IMMIDIR (16 jours)

EXPLORATION DU TASSILI N’IMMIDIR PAR DENISE FERRERO (22 jours)

Ergs et tassili de l'Ahnet - Voyage avec l'équipe de Roadbook Média

Algérie : Le tassili oublié – Le film

A 400 km, au nord ouest de Tamanrasset, le tassili Ahnet a longtemps été en dehors de tous circuits touristiques. Grâce à sa grande expérience saharienne, Sylvain Philip, patron de l’agence Hommes et Montagnes, nous conduit à la découverte de ce lieu surprenant, à la fois sanctuaire archéologique et écosystème préservé. Un itinéraire qui relie l’erg Tissegfit au tassili Ahnet à travers des paysages uniques au Sahara.
Voir la bande annonce du film : Ahnet, le tassili oublié
Durée du film : 26 minutes
Image, montage et réalisation : Pierre Petit – RoadBook Média

A découvrir dans le Magazine ROADBOOK N°12 – en vente à partir du 25 mars 2009 :

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Ainsi que la présentation d’Hommes et Montagnes :

Men of Mountains by Solène

En février 2009, j’ai accompagné pendant deux semaines mon père dans les Tassili du Hoggar, dans le Sahara. Je suis partie un peu à l’aveuglette, sans trop savoir à quoi m’attendre, si ce n’est les nuits à la belle étoile, l’absence de technologie et de personne, et une marche quotidienne.

J’avoue qu’au début, l’idée de me retrouver avec une tripotée d’adultes me laissait quelque peu dubitative. J’allais subir le règne de la gérontocratie pendant 15 looongs jours! Quoi qu’en étant honnête, un couple de jeunes est venu me soutenir à mi parcours…
N’empêche, j’ai vite compris qu’être la benjamine d’un groupe de quinquagénaires (ou presque) avait franchement du bon! Puis, vu le mal de chien que j’ai eu à suivre leur rythme, je leur ai prestement accordé mon respect. Malgré ce groupe à tendance composite, un sentiment de clan s’est rapidement imposé à nous. Notre mot d’ordre: bonne humeur!

C’est dans ce badinage constant que j’ai rencontré cette fameuse steppe. Avant le voyage, le mot « désert » équivalait pour moi, à une notion abstraite de dunes de sable, à un horizon passablement monotone. Et bien non! J’ai mis du temps à m’en remettre mais on y observe beaucoup de diversité! Nos petons jonglent entre des plateaux de grès, quelques escarpements impressionnants vus d’au dessus, ridiculement dédaignables une fois franchis, des oueds asséchés et, évidemment des landes de sable fin…

Pendant la préparation du voyage, une habituée de ce genre d’excursion m’a véhément affirmé « qu’on ne transpire pas dans le désert »… Non mais cette blague! OK, on ne sent pas réellement mauvais, mais enfin! La marche, c’est physique quand même! On les mouille nos t-shirts! Les lingettes sont donc prescrites. Elles ne permettent peut être pas de se récurer mais au moins de se débarbouiller le bout du nez… Heureusement, si vous êtes accompagnés d’un guide doté d’un sens de l’hygiène un tantinet développé, un décrassage peut s’avérer réalisable… et salutaire pour le moral.

Personnellement, j’habite en banlieue parisienne, très bizarrement je ne raffole pas de la nuit. Il fait froid, il fait sombre, bref elle n’a rien de très engageant. Là-bas, j’ai passé des heures le nez en l’air à zieuter le ciel. Et c’est un vrai ciel! Tout noir, tout beau, tout infini, tout constellé d’étoiles! Oui, j’ai effectivement dû aller jusque dans le Sahara pour découvrir qu’elles existaient… Elles sont belles, elles brillent, elles filent… Trop vite pour avoir le temps de faire un voeux d’ailleurs…
Aussi sensass soient elles, ces petites boules de gaz sont mis à défaut par un phénomène rigolo: le chant des dunes. C’est super sympa de les entendre pousser la chansonnette après les avoir traversées en courant en file indienne, inhalant du sable à plein poumon, et après s’être plaqué au sol en souriant béatement dans l’attente du vrombissement caractéristique.

Une petite note pour les dames, le look « mâle », sauvage, un peu à la Indiana Jones, qu’adoptent les hommes au cours du séjour… Ce n’est que du bonheur! En revanche, je vais m’abstenir de commenter le naturel des dames, c’est tout de même moins glorieux que ces messieurs… Hélas oui, ça sent le vécu…
Pour finir, je dirais que ce rallye m’a permis de souffler et de me dépayser, ce n’est pas que je sois particulièrement extenuée par l’existence que je mène maiiiiiiiis….. ça fait du bien! On voit la vie sous un autre angle… avec la tête vide quoi! Je crois que j’y ai attrapé le virus du voyageur… Maintenant, je compte bien profiter de mes économies (certes, il va falloir en faire) pour papillonner de-ci et surtout de-là, visiter et barouder à travers « the globe ».

Abdoulahi Atanouf, guide historique

Un homme et un parcours atypique. Abdoulahi Atanouf est né à la fin des années 40, dans l’Atakor, au coeur du Hoggar. Comme les autres Touaregs de cette époque, son avenir était tracé: être berger, participer aux grandes caravanes qui commerçaient avec l’Afrique sub-saharienne ou rejoindre les forces de la jeune armée algérienne. Mais si les nouveautés et les évolutions sont rares au Sahara, il a sût saisir sa chance: celle du tourisme. Petit retour sur 40 ans de voyages, dont les propos ont évidement été recueillis au coin du feu, le temps de trois thés.
La génèse d’un guide

Abdoulahi est né au bon endroit, au bon moment. Il était l’homme de la situation, et son destin a basculé. La situation, la nouveauté, c’est l’arrivée à la fin des années soixante d’une nouvelle génération d’européen: ceux que l’on avait vu jusque-là était explorateurs, géologues ou militaires. Les temps ont changés, on commence à voyager au Sahara pour le plaisir.

Parmi les quelques pionniers qui embarquent dans les caravelles d’Air Algérie, un guide de haute montagne et sa jeune épouse débarquent un beau jour à Tamanrasset pour le plaisir de l’escalade. Nous sommes en 1968, Jean-Louis et Odette Bernezat déambulent dans l’Atakor, les yeux levés vers les cimes. Ils comprennent néanmoins que le plaisir de l’aventure se situe plus sur l’horizontalité sans limite du désert que dans les grandes parois.

A la recherche d’un guide et de chameaux, à l’ermitage de l’Assekrem ils recontrent Frère Riquet. A l’époque ou aucune piste ne dessert les lieux, les frères ne sont pas accoutumés aux visites, et leurs amis sont les Touaregs des environs. Parmi eux, un jeune berger Dag Ghali semble réunir les qualités que cherchent les Bernezat, et Frère Riquet présente Abdoulahi à Jean-Louis. Oui, il est d’accord pour le guider, et ensemble ils partent à chameaux à travers l’Atakor et gagnent Tamanrasset. Bernezat est plein de projets pour l’année suivante, il doit réaliser sa première méharée avec un groupe de français. Rendez-vous est pris pour l’automne 1969, et les nouveaux amis se séparent.

Oui, mais voilà. Aboulahi lui aussi a des projets et se décide : tant pis pour les touristes, il suivra son chemin de touareg et partira en caravane pour le Niger, chargée du sel de l’Amadror. Un voyage de 6 mois, l’une des dernières grandes caravanes du Hoggar. Première étape, les salines de l’Amadror, au nord-est du Hoggar. Passés la taille et le chargement des plaques de sel, cap au sud vers le Tassili, In Azaoua, Agadez, et même plus au sud, vers Zinder où le sel est plus cher à la vente, le mil meilleur marché. Chargé de nourriture et d’accessoires sahéliens, retour dans l’Atakor.

Et quelques nouvelles: Bernezat est bien venu avec ses touristes, et la méharée a bien eût lieu, guidée par le père d’Abdoulahi comme il l’avait prévu. Et le message est bien parvenu au guide français: l’année suivant, c’est promis, il sera là.

1970: tenant sa promesse, Abdoulahi fait ses débuts comme guide « touristique ». Mais très brièvement, car une nouvelle grande caravane de sel se forme, les revenus attendus sont importants … et l’appel des grandes pistes et le plus fort. Une nouvelle fois, Abdoulahi s’embarque pour le grand voyage. Avec raison, car cette caravane sera la dernière, la concurrence des camions et le renforcements des exigences des autorités algériennes sur ce commerce trans-national sonnant le glas de cette activité millénaire.

C’est donc en partie par choix, en partie par contrainte qu’il se recycle. Au bon moment car si les caravanes de sel disparaissent, le tourisme chamelier initié par les Bernezat connaît un essor rapide. Les méharées se structurent, sous la conduite d’Abdoulahi. Atakor, puis Aghechoum, Téfedest … à chaque édition les caravanes s’engagent un peu plus loin. Abdoulahi forme ses équipes, inculquent des notions de temps, de délais, de respect des programmes … La tâche est rude et longue. Grâce à cette « professionnalisation » des équipes, des voyages plus engagés voient le jour.

Les années d’explorations

1974, le meilleur et le plus intense souvenir reste la première du Tam-Djanet. C’était il y a 35 ans. Et il s’agissait surtout d’un grand défi, d’un coup d’audace auquel personne ne croyait. Et au final, un événement fondateur, un électrochoc qui ouvrira les portes à d’autres grandes réalisations.

En 1975, la méharée de Tamanrasset à l’Amadror reprend la route du sel, en 1976, la méharée de Tamanrasset à Youf Ahaket au Tassili la poursuit.

Parmi les temps forts de ces premières années, il y a cette méharée de Tamanrasset à In Salah en 1977, soit plus de 500 km. Au-delà de la réussite de cette grande première, le fait marquant est la « découverte » du plateau de l’Immidir lors de cet itinéraire. Le plateau est déserté par les Touraregs mais il offre un territoire de découvertes sans limite que les Bernezat parcourront des années durant avec Abdoulahi.

La vitesse de croisière est atteinte, Abdoulahi est devenu le guide de référence du Hoggar, il fait fonctionner ses caravanes au doigt et à l’oeil. Il part même souvent sans son mentor, accomplissant le double rôle de guide et d’accompagnateur grâce à sa maîtrise de la langue et de la culture des voyageurs. Les voyages se multiplient et culminent pour lui en 1992 lors de la première traversée nord-sud du Sahara, de El Abiod Sidi Cheich à Agadez. 3 000 km de méharée depuis le nord du Grand Erg Occidental au Sahel nigérien.

Les années de plomb

Les événements politiques viennent alors perturber ce bel appareil: l’Algérie se ferme au tourisme et Abdoulahi s’exile en Mauritanie, pays qu’il découvre et qu’il apprivoise. Là il développe ce qu’il sait faire et que les mauritaniens découvrent: former des caravanes, adapter les itinéraires traditionnels aux attentes et aux impératifs des voyageurs. Des années difficiles sur lequelles Abdoul s’attarde peu.

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Et toujours des projets

A la fin des années 90, tout reprend en Algérie et Abdoulahi retrouve son pays. Les choses ont changées pourtant: il y a de plus en plus de tourisme mais les attentes sont moins puristes. On recherche des voyages courts, esthétiques et peu chers. Les grandes caravanes sont moins demandées, tandis que son profil est très recherché: guide et accompagnateur, fiable et expérimenté. Les offres affluent, les opérateurs français se l’arrachent. Mais Abdoulahi reste fidèle à ses premières amours: les grands voyages, les grandes caravanes. C’est pourquoi il poursuit l’aventure avec Hommes et Montagnes. En ce début 2009, malgré sa notoriété, il est toujours le premier levé au bivouac, il effectue son rôle de chamelier avec énergie et plaisir. Et devinez de quoi l’on parle après avoir évoqués les souvenirs, en préparant les trois thés suivants, alors que tout le monde dort depuis longtemps ? Des prochaines méharées, des futurs grands voyages, des liaisons possibles entre des puits probables, des recoins pas encore visités et qui n’attendent que nous. La suite au prochain épisode … lors du prochain grand voyage déjà programmé pour l’automne 2009.

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